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Le blog à Fen

Donjons et Dragons Module B1: Présentation

27 Avril 2012 , Rédigé par Fencig Publié dans #Donjons & Dragons

 

B1 Cover J’ai déjà exprimé l’attachement particulier que je porte au module B1 « In search of the Unknown » du fait de sa présence dans la première boite de base de Dungeons & Dragons que j’ai pu acquérir.  

 

C’est de plus le premier module que j’ai décidé de faire jouer à la maison ( Module B1 Compte rendu de partie 1), en grande partie pour des raisons purement nostalgiques. Il est donc plus que temps d'en faire un petit décorticage.

 

Il a été écrit par Mike Carr, wargamer auteur du grand classique « Fight in the skies » ( premier wargame de combat aérien tactique) renommé plus tard « Dawn Patrol » ( premier wargame aromatisé au JdR, c’est pas grand chose mais çà fait encore une innovation) et du nettement moins connu « Don't Give Up the Ship » ( wargame tactique de combat naval d’époque Napoléonienne).

D'abord publié en 1979 par TSR, Inc. ce module propose bien plus que le simple Porte/Monstres/Trésors que les critiques actuels en retiennent à son survol.

 

Alors, bien sur, la partie aventure, celle que découvriront les joueurs, est on ne peut plus classique puisqu’elle propose d’explorer un complexe de type « donjon » : Les Cavernes de Quasqueton.

Cette vision, et donc cette évaluation du module comme un simple Dungeon Crawl est tout à fait justifiée de nos jours, avec l’évolution constante des jeux de role sur ces 30 dernières années.

Vous en trouverez d’ailleurs une excellente critique sur l'excellent blog de Phersv : C'est là et c'est bien 

 

 Mais, bien que j’apprécie fortement l’ensemble de l’œuvre du sieur Phersv ( enfin… quand je comprends ce qu’il écrit hein… parce que quand il cause philo je benne que dalle… j’aurai du écouter la prof en terminale à la place de jouer à AdD au fond de la classe…), il me semble que son analyse est fortement influencée par ce que l’on est habitué à trouver comme scenario de jeu de rôle depuis, disons, ces 20 dernières années.

Forcément un joueur « moderne » de JdR qui apprécie l’évolution de ces derniers ( pas de jugement de valeur là… Chacun ses goûts) s’attend à autre chose que ce « truc » qu’il trouvera creux, inutilement répétitif et rempli de conseils banals et surtout sans réel synopsis.

 

Cependant il me semble indispensable de re-situer ce module dans son contexte.

C’est le premier module dédié à la première édition de D&D ( la boite de base bleue de  Holmes) destinée au « grand public ».

Basic D&D Holmes 

C’est à dire la première version de D&D censée pouvoir être acquise et assimilée par un  individu lambda, n’ayant jamais joué à un Jeu de rôle et ne disposant de personne dans son entourage qui soit familiarisé avec ce type de jeu.

Périlleuse entreprise s’il en est.

 

Le module B1 a donc, avant tout, vocation à prendre un nouvel MJ par la main et à le guider dans ce type de jeu inhabituel.

C’est ce qui explique les répétitions de règles ainsi que le coté didactique des 6 premières pages, qui, de nos jours, nous semble souvent évident voir même à le limite de l’enfonçage de portes ouvertes.

Mais à l’époque c’était absolument indispensable voir même peut être insuffisant au vu des nombreux témoignages de « old timers » qui avouent avoir du attendre, soit qu’un proche leur explique le jeu, soit la sortie de la version B/X,  pour réussir à s’y mettre…

 

Voilà donc qui justifie pleinement les chapitres :

_ Introduction

_ Note for the Dungeon Master

_ Preparation for the use of the module

_ Time

_ Computing Experience

_ How to be an effective Dungeon Master

 

Chapitres utiles au débutant donc et d’ou les initiés retiendront des principes caractéristiques de la façon dont on jouait à l’époque. Ainsi les notions de « Caller » ( porte parole du groupe) et de « mapper » ( cartographe) sont rappelées avec insistance.

Ce qui permet de déduire que les tablées de l’époque, ainsi que le style de jeu, étaient sûrement très différentes de ce que l’on voit aujourd’hui.

Le « Caller » est pleinement justifié des que l’on joue avec des tablées de plus de 5 joueurs et le « mapper » semble indiquer qu’une partie du challenge attendu réside dans la géographie des lieux explorés.

 

Postulat encore renforcé par le paragraphe en page 2 sur les particularités géographiques de certaines zones du donjon qui sont considérées comme des classiques. Je cite :

"Le donjon contient un assortiment de particularités typiques que les joueurs doivent s'attendre à rencontrer:

a) plusieurs portes secrètes se trouvent dans ce donjon.

b) un sort d'illusions de bouche magique est présent dans ce donjon.

c) un couloir avec du vent qui éteint les torches et les flammes nues.

d) une salle mystérieuse contenant des piscines.

B1-5.jpg 

e) une salle avec des portes mystérieuses.

f) un piège qui fait tomber soudainement les aventuriers au niveau inférieur du donjon.

g) une herse qui s'abat violemment et bloque les aventuriers dans une  impasse.

B1-2.gif 

h) une paire de salle télé-porteuses qui peut troubler les aventuriers.

i) plusieurs trésors magiques dont certains sont maudits.

j) nombre de mystérieux conteneurs avec une variété d'objets à examiner."

 

Bref, dans D&D « Old School » le « Donjon » est autant un adversaire que les monstres qui y résident.

B1-4.jpg 

 

 

Il est très intéressant de noter, dans la version monochrome du module, un paragraphe en page 6 : « Using this module with Advanced Dungeon & Dragons ».

Car cela confirme qu’a l’époque de la sortie de cette édition de D&D, elle était positionnée comme une boite d’introduction light à AD&D et non pas comme une gamme séparée.

Ce dernier point se trouve encore renforcé par les caractéristiques des PNJ/Henchmen données pages 28 à 30. Mais j’y reviendrai plus loin.

 

Aprés ces 6 premières pages de rappels, clarifications de règles et conseil, on aborde donc le dit scénario, sous une forme qui deviendra un classique pour les modules de D&D.

Suivant un descriptif relativement rapide du contexte de jeu ( blablabla: Rogan et Zelligar etaient de puissants heros un peu chaotiques qui ont construit une forteresse légendaire avant de disparaître il y a bien longtemps. Trouvez la et pillez la) on retrouve l’habituelle table de «légendes/rumeurs» puis la description de chaque salle des deux niveaux du donjon, chaque niveau étant doté de sa table de « monstres errants ». Ensuite viennent les tables des monstres et trésors à utiliser pour meubler chacun des deux niveau.

Parce que l’originalité de ce module ( que l’on retrouvera en partie dans le module B3 « Le palais de la princesse Argenta ») est de proposer au DM de se faire la main en plaçant lui même les monstres et trésors de son choix dans les différentes localisations des deux niveaux de ce donjons.

Il est cependant dommage que, dans l’optique de module d’intro pour DM débutant du B1, les descriptions des salles et couloirs du donjon ne soient pas organisées en deux parties, l’une à l’intention du DM et l’autre à lire à voix haute aux joueurs.

Cela aurait grandement facilité la tache des débutants tout en leur donnant un exemple de structure à utiliser pour la rédaction de leurs propres modules. Un petit loupé qui sent bon le dilettantisme de l’époque, que l’on trouvait dans la rédaction de la version Holmes et que l’on va encore retrouver dans la suite de ce produit.

 


Car la dernière partie, si elle est pour le moins importante, n’en est pas moins brouillonne.

De la page 26 à la 29 on trouve ce qui, pour moi, est l’un des points forts de ce scenario : des règles pour le recrutement de NPC/Suivants ainsi que des listes de profils pré-tirés.

B1-9.gif 

En effet, si le point des NPC était rapidement abordé dans le livret Holmes ( et par la suite dans B/X) il n’a jamais été complètement traité dans les livres de règles de ces deux versions du jeu. Heureusement cette partie du B1 comble cette lacune ( voir la synthèse là: Les Suivants et les NPC dans D&D B/X ).

On y trouve donc la façon de déterminer le nombre et le type de NPC que les joueurs pourront embaucher ainsi que la manière de déterminer leur personnalité par le biais de quatre tables d’attributs ( Attitude/Courage/Disposition/Loyalty).

B1-3.gif

La encore les conséquences de ces attributs en terme de mécanisme de jeu sont pour le moins flous, mais ils ont le mérite d’aider le DM à donner vie à ces PNJ et il n’est pas difficile de développer soit même des mécanismes simples en se basant sur ces derniers.

 

Ce qui est remarquable, dans cette partie, c’est les tables des classes de NPC proposés. On y trouve dans chacune d’elle la notion « AD&Desque » de classe indépendante la race. Ce qui est contraire au principe de D&D ou, hormis chez les humains, la choix d’une race implique une classe de personnage.

Alors certes, dans la version Holmes, on trouve, page 6 ce petit paragraphe :

B1-8.jpg 

 Qui, bien qu’il laisse entendre que les nains et les Halflings peuvent choisir d’être des voleurs plutôt que des guerriers, est par la suite contredit dans le livret de règle puisqu’a aucun moment il n’est prévu pour ces deux races d’etre autre chose que des combattants.

D’ailleurs la phrase sur les Elfes est claire quand à la spécificité Race=Classe.


Hors, dans les tables de NPC prétirés, on trouve des Elfes guerriers ( Evro et Sho Rembo), des Elfes magiciens ( Presto, Mezlo, Lappoy the unexpected et… Fencig… Et oui…), des halflings voleurs ( Luven Lightfingers et Treddo), des Elfes voleurs ( Estra Zo et Postue) et enfin des Nains voleurs ( Mezron et Sporragha).

Tout simplement injouables avec les règles de D&D.

Etonnant non ?

Pas vraiment en fait si on considère que cette première version du D&D grand public était censé être une intro à AD&D ( d’ou le principe des 9 alignements)…

 

Mais malgré son coté fouillis, ses loupes de présentation, son synopsys sommaire et le dilettantisme qui y apparaît parfois, il n’en reste pas moins un excellent produit pour son époque et une légende pour les vieux grognards tels que moi…

 

 

 

 

 

 

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Ced 05/01/2015 16:22

Meilleurs voeux 2015 à toi Fencig ! Je viens de finir le B1 et le B2 2 ans après les avoir commencé. Tu es pour bcp dans ce revival et le choix de ce module donc merci à toi, on a passé de bons
moments à jouer à ma table.

Fencig 05/01/2015 18:34



Merci et bonne année à toi aussi.



Florent BATY 30/04/2012 14:26

Bonjour, je viens de lire cet article publié le 27 avril, concernant la première boîte de D&D. Même si je n'ai jamais joué à cette version, j ai prit énormément de plaisir à lire et à me
remémorer mes premiers contacts avec ma boite de jeu. Donc pour conclure, merci pour cet article nostalgique. Cordialement florent

Fencig 30/04/2012 15:02



Heureux que l'article t'ait plu. 


il me semble que la nostalgie est une part non négligeable de l'attrait actuel pour les jeux "Old School" .


Pour moi en tous cas, c'est certain...